Le blog Eco-Design » 100 millions !

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Eh oui, le nombre de portable remisé chaque année atteint la centaine de millions. Durée de vie : dix huit mois ! Quand on sait que Noël est le moment clé pour les cadeaux high tech … Il est bien loin le temps de ces objets du quotidien que l’on achetait une fois pour toute et que l’on se transmettait religieusement ! Une Rolex oui, un portable non !? La course au dernier cri est ravageuse. Alors warning !
Une directive européenne de 2004 impose aux industriels de recycler les materiels électriques et électroniques (DEEE). La CLCV vient de rééditer son enquête sur la collecte des DEEE ménagers (déchets d’équipements électrique et électroniques). Rappelons que lors de l’achat d’un appareil électrique ou électronique neuf, le distributeur doit accepter de reprendre gratuitement un produit usagé du même type.

L’enquête 2010, menée par la CLCV, MV2 Conseil et Maximiles, fait apparaître que les consommateurs sont de plus en plus informés : 90 % des personnes sondées connaissent le dispositif de l’éco-participation qui, visible pour le consommateur, a pour objet de financer les coûts de reprise et de recyclage du produit en fin de vie(88 % en 2009), 84 % connaissent la reprise du un pour un (81 % en 2009). Le saviez-vous ? Le taux de reprise progresse en magasin (27 % de clients en ont bénéficié en 2010, contre seulement 14 % en 2009).

A noter cependant que, selon l’étude de l’Association Française des Opérateurs Mobiles, le chiffre serait uniquement de 7% au niveau des utilisateurs particuliers recyclant leurs mobiles. Sachant que les portables continuent de fonctionner bien au-delà des dix huit mois, des entreprises de services se développent et c’est tant mieux : Misterrecycle, Love2recycle ou Monextel par exemple, proposent du recyclage qui prend en compte d’autres produits high tech du quotidien.

Quant aux opérateurs, depuis 2003 le groupe SFR propose à ses clients d’évaluer la valeur de leur vieux portable et de l’échanger contre un bon de réduction.
Orange a crée le service « seconde vie du mobile ».

Alors bonne nouvelle ! Tout le monde s’y met. Les opérateurs comme les sociétés de revente pour rachat contribuent à faire bouger les comportements. Plutôt que de rester dans des tiroirs ou de finir à la poubelle alors qu’ils sont capables de vivre encore de belles années, les « occaz » évitent une obsolescence désastreuse.
Dont acte : les ventes de mobiles d’occasion se développent en France. Il paraitrait même que vendus à partir de 25 euros dans les boutiques Orange, les téléphones d’occasion soient souvent en rupture de stock !

Mais à ce jour, la durée de vie de produits est importante et un affichage clair de la part des fabricants ou des opérateurs pour le consommateur serait souhaitable à ce propos. Va-t-on se diriger vers la fin de « l’obsolescence programmée » (cf rapport d’Hélene Bourges, Cniid – Centre National d’information indépendant sur les déchets-) ou « cachée » des objets électroniques ou électriques qui fait apparaître des pièces détachées de moins en moins disponibles ou des batteries non désolidarisables (cf iphone ou ipad).

Quant à l’empreinte carbone des téléphones, le bilan n’est pas triste non plus.
Selon EcoSystèmes, organisme chargé de la collecte des déchets électroniques et électriques : 127 000 tonnes de ferrailles ont été récupérées en 2010 soit tout appareil électrique ou électronique confondu 127 000 tonne de CO2 évitées

Les téléphones mobiles sont plus légers certes mais plus lourds en Co2, si l’on s’en tient à l’indicateur Eco2climat crée par Carbone 4 et TF1.
En effet, l’indicateur de carbone 4 montre à titre général, une hausse continue des émissions liées au téléphone, ordinateurs et télévisions passant de 63 kilos équivalent CO2 contre 59 en 2009. Le smartphone (quelque 7,3 millions d’appareils écoulés en 201O) est le produit roi : le bilan Carbone selon Carbone 4 est de moins de 25 kilos pour un portable « classique ». Un smartphone G3 se situe entre 25 et 50, un smartphone tactile G3 type iphone ets supérieur à 50 kgs CO2.

A savoir : l’essentiel des impacts liées au téléphones est dû à leur fabrication et pas à leur utilisation. « L’extraction et l’assemblage d’éléments nécessaires à la mémoire, aux processeurs et aux écrans sont gourmands en énergie » affirme Jean-Marc Jancovici (Carbone 4).
Plus de 97% de l’empreinte carbone d’Apple provient de ses produits selon ce que communiquerait la firme. La fabrication et le transport seraient responsables de 50% des gaz à effets de serre de la marque à la pomme, qui dit agir sur la conception d’appareils consommant moins d’énergie à l’usage et utilisant moins de matière.

De nombreux progrès restent à faire, mais la sensibilisation croissante des uns et des autres devraient nous faire espérer une évolution plus positive, ou à défaut une stabilisation de notre empreinte carbone ! En ce début d’année, rêvons un peu !